Ce que tu dois savoir faire après cette fiche
- 1.Décrire la structure de la glande mammaire et de son tissu de soutien.
- 2.Situer le sein sur la paroi thoracique antérieure et connaître ses rapports.
- 3.Connaître sa vascularisation artérielle et veineuse ainsi que son innervation.
- 4.Maîtriser le drainage lymphatique du sein, fondamental en pathologie mammaire.
Sommaire de la fiche
Introduction
Le sein est un organe pair, situé sur la paroi thoracique antérieure. Chez la femme, il abrite la glande mammaire, glande exocrine destinée à la lactation, entourée de tissu conjonctif et adipeux et recouverte de peau.
Son étude est incontournable. Elle mobilise d'abord des notions déjà acquises sur la paroi thoracique — fascias, muscles pectoraux, vascularisation intercostale — dont le sein constitue une dépendance superficielle. Elle possède surtout une portée clinique majeure : le cancer du sein est le premier cancer de la femme, et son bilan d'extension repose directement sur la connaissance du drainage lymphatique. Chaque élément anatomique décrit ici a une traduction sémiologique précise.
Nous étudierons successivement la structure du sein, sa localisation et ses rapports, sa vascularisation et son innervation, puis son drainage lymphatique.
I. Structure
Le sein associe trois composants : la glande mammaire, la peau et le tissu conjonctif.
A. La glande mammaire
- Organisation glandulaire : série de canaux associés à des lobules sécrétoires.
- Les lobules sécrétoires convergent pour former 15 à 20 canaux galactophores.
- Chaque canal galactophore s'abouche de manière indépendante au mamelon — il n'y a pas de canal collecteur commun.
- Le mamelon est entouré d'une zone de peau circulaire pigmentée : l'aréole.
B. Le tissu conjonctif
- Bien développé, il entoure les canaux et les lobules et constitue la charpente du sein.
- Dans certaines régions, il se condense pour former les ligaments suspenseurs du sein (ligaments de Cooper).
- Ces ligaments se prolongent dans le derme et assurent la suspension du sein.
- Leur relâchement avec l'âge explique la ptôse mammaire.
II. Localisation et rapports
- La glande mammaire est une glande sudoripare modifiée.
- Elle est située dans le fascia superficiel, en avant du muscle grand pectoral, au niveau de la paroi thoracique antérieure, au-dessus du fascia profond.
- L'espace rétro-mammaire, fait de tissu conjonctif lâche, sépare le sein du fascia profond ; il autorise les mouvements du sein par rapport aux structures sous-jacentes et explique sa mobilité normale à l'examen clinique.
- Limites verticales : de la 2e à la 6e côte.
- Limites transversales : du sternum à la ligne médio-axillaire.
III. Vascularisation et innervation
A. Les artères
La vascularisation artérielle est double, latérale et médiale — disposition à retenir, car elle conditionne les voies de diffusion tumorale.
- Groupe latéral — branches de l'artère axillaire : artère thoracique supérieure, artère thoraco-acromiale, artère thoracique latérale (mammaire externe), artère subscapulaire.
- Groupe médial — branches de l'artère thoracique interne (mammaire interne).
- Branches perforantes des 2e à 4e artères intercostales, qui traversent la paroi thoracique pour gagner la glande.
B. Les veines
- Les veines suivent les artères.
- Elles se drainent dans la veine axillaire et dans les veines intercostales (et par elles vers la veine thoracique interne et le système azygos).
C. Les nerfs
- L'innervation est assurée par les rameaux cutanés antérieurs et latéraux des 4e à 6e nerfs intercostaux.
- Le mamelon est innervé par le 4e nerf intercostal — repère classique.
- Ces nerfs véhiculent également des fibres sympathiques destinées aux vaisseaux et aux muscles lisses du mamelon.
| Élément | Origine latérale | Origine médiale |
|---|---|---|
| Artères | Branches de l'a. axillaire : thoracique supérieure, thoraco-acromiale, thoracique latérale, subscapulaire | A. thoracique interne + perforantes des 2e à 4e a. intercostales |
| Veines | V. axillaire | V. thoracique interne et veines intercostales |
| Nerfs | Rameaux cutanés latéraux des 4e-6e n. intercostaux | Rameaux cutanés antérieurs des 4e-6e n. intercostaux |
| Lymphatiques | Nœuds axillaires : environ 75 % du drainage | Nœuds parasternaux (+ nœuds intercostaux, minoritaires) |
IV. Drainage lymphatique
C'est le point capital du chapitre : il commande le pronostic et le traitement des tumeurs mammaires.
- Environ 75 % de la lymphe se draine vers les nœuds axillaires, par les vaisseaux lymphatiques latéraux et supérieurs, puis vers les troncs subclaviers.
- Le reste gagne les nœuds parasternaux, satellites de l'artère thoracique interne, puis les troncs broncho-médiastinaux.
- Une petite partie se draine dans les nœuds intercostaux, situés près de la tête des côtes, puis vers le conduit thoracique ou les troncs broncho-médiastinaux.
- Les nœuds axillaires sont classés en trois niveaux par rapport au muscle petit pectoral : niveau I en dehors, niveau II en arrière, niveau III en dedans du muscle. Cette classification structure le curage axillaire chirurgical.
Conclusion
Le sein est une glande sudoripare modifiée logée dans le fascia superficiel de la paroi thoracique antérieure, entre la 2e et la 6e côte, du sternum à la ligne médio-axillaire. Sa structure repose sur un système canalaire — 15 à 20 canaux galactophores s'abouchant indépendamment au mamelon — soutenu par les ligaments de Cooper, et sa mobilité sur l'espace rétro-mammaire.
Sa vascularisation est double, latérale par l'artère axillaire et médiale par l'artère thoracique interne, et son drainage lymphatique majoritairement axillaire constitue le point le plus important du cours : c'est lui qui conditionne l'extension, la stadification et la prise en charge du cancer du sein. L'étude du sein prépare directement celle des organes du thorax, dont les rapports vasculaires et lymphatiques obéissent à la même logique de territoires de drainage.
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