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Physiologie · Physiologie digestive · Fiche 02

Les sécrétions digestives

Sécrétions salivaire, gastrique, pancréatique et biliaire

Par l'équipe MedFiches · 4 objectifs · 4 questions de QCM · publié le 26 septembre 2026

Fiche relue et validée par un médecin

Ce que tu dois savoir faire après cette fiche

  1. 1.Connaître l'origine, la composition et la régulation de la sécrétion salivaire.
  2. 2.Décrire les bases structurales, la composition et le contrôle de la sécrétion gastrique.
  3. 3.Décrire la sécrétion pancréatique exocrine et sa régulation hormonale.
  4. 4.Décrire la formation, la composition et l'excrétion de la bile.
Sommaire de la fiche

Introduction

La digestion comporte 3 phases fonctionnelles : la sécrétion, la motricité et l'absorption. Ce chapitre traite des 4 grandes sécrétions digestives — salivaire, gastrique, pancréatique et biliaire —, dont il s'agit de connaître les substances organiques, les mécanismes de régulation et les principales hormones impliquées (gastrine, sécrétine, cholécystokinine).

I. La sécrétion salivaire

  • Origine : 90 % produite par 3 paires de glandes principales (parotides, sous-maxillaires, sublinguales), 10 % par les glandes buccales et muqueuses. La salive se forme en 2 étapes : une salive primaire isotonique au plasma (acini), puis une salive définitive hypotonique après réabsorption ionique dans les canaux.
  • Composition : 99 % eau + électrolytes (Na+, K+, Cl-, HCO3-, Ca++) + substances organiques : amylase salivaire (hydrolyse l'amidon/glycogène en glucose-maltose), lysozyme (bactériolytique), lipase linguale (digestion des lipides du lait maternel), mucus, IgA sécrétoire, kallikréine. Volume : 1 L/jour en période interdigestive, x2-3 après repas.
  • Commande : innervation parasympathique (sécrétion abondante, aqueuse, pauvre en substances dissoutes) et sympathique (peu abondante, visqueuse, riche en substances dissoutes) — particularité : pas d'antagonisme, les 2 systèmes stimulent la sécrétion salivaire (contrairement à la règle générale autonome). Centres bulbo-protubérantiels sous contrôle hypothalamique et cortical ; mise en jeu par réflexes innés ou conditionnés (réflexe de Pavlov).
  • Rôles : protection/trophicité des muqueuses buccales, digestif (amylase, lipase linguale), lubrification (mucus), humidification du bol alimentaire, rinçage buccal, stimulation gustative.

II. La sécrétion gastrique

  • Bases structurales : estomac divisé en fundus (cellules principales → pepsine ; cellules pariétales → HCl et facteur intrinsèque ; cellules muqueuses → mucus) et antre (cellules G endocrines → gastrine ; cellules entérochromaffines → histamine).
  • Composition : HCl, pepsinogène (activé en pepsine par HCl, réaction autocatalytique), mucines, et le facteur intrinsèque (essentiel à l'absorption de la vitamine B12).

Contrôle de la sécrétion gastrique

Agent Nature Action
Gastrine Hormone (cellules G), formes G17/G34/G14 Stimule cellules pariétales (HCl, FI) et principales (pepsine) ; stimulée par distension antrale, alcalinisation, aliments sécrétagogues, nerf vague
Nerf pneumogastrique (vague) Nerveux Sécrétion riche en pepsine/HCl ; synergie vago-gastrinique
Sécrétine, somatostatine, glucagon Hormonal inhibiteur Inhibent la sécrétion gastrique
Acidification du contenu gastrique Rétrocontrôle négatif pH-dépendant Inhibe la sécrétion de gastrine
  • Effecteur terminal : la pompe à protons H+/K+-ATPase de la cellule pariétale, cible des inhibiteurs de la pompe à protons (oméprazole...). 3 phases de sécrétion au repas : céphalique (nerveuse, expérience du repas fictif), gastrique (gastrine → HCl), intestinale (sécrétine, GIP, VIP, gastrine).
  • Rôles : HCl (bactériostatique, active la pepsine, stimule la sécrétine, favorise l'absorption du Ca++/Fe), pepsine (digestion protéique), facteur intrinsèque (absorption B12 — sa carence cause l'anémie de Biermer), mucus (protection contre l'auto-digestion).
  • Physiopathologie : gastrite chronique atrophique (achlorhydrie, anémie de Biermer) ; ulcère gastro-duodénal (rôle d'Helicobacter pylori) ; syndrome de Zollinger-Ellison (hypergastrinémie tumorale, hyperacidité, ulcères).

III. La sécrétion pancréatique exocrine

  • Bases structurales : pancréas glande mixte — endocrine (îlots de Langerhans) et exocrine (acini pancréatiques + système canalaire, canal collecteur de Wirsung).
  • Composition : liquide isotonique au plasma (1,5-4 L/j, pH 7-9), riche en HCO3- ; 90 % des substances organiques sont des protéines : amylase (glucidolytique), lipase + colipase (lipolytique), phospholipases, trypsine/chymotrypsine/élastase (protéolytiques, activées en cascade à partir de zymogènes par l'entérokinase), carboxypeptidases, nucléases. Inhibiteurs pancréatiques (Kazal, Kunitz) protègent contre l'auto-digestion.

Contrôle de la sécrétion pancréatique

Agent Origine Effet
Sécrétine Cellules S duodénales, stimulée par l'acidité duodénale Stimule la sécrétion hydro-bicarbonatée, ralentit la vidange gastrique
Cholécystokinine (CCK-PZ) Duodénum, stimulée par graisses/protéines Stimule la sécrétion enzymatique ; contracte la vésicule biliaire, relâche le sphincter d'Oddi
Gastrine, VIP Hormonal Stimulent respectivement la sécrétion enzymatique et hydro-bicarbonatée
Somatostatine, glucagon Cellules D pancréatiques Inhibent les sécrétions enzymatique et hydro- bicarbonatée
  • Rôle : neutralisation de l'acidité gastrique (HCO3-) et digestion (déficit enzymatique → maldigestion, stéatorrhée, créatorrhée). Physiopathologie : pancréatite chronique (alcoolisme), pancréatite aiguë hémorragique (lithiase, alcoolisme).

IV. La fonction biliaire

  • Bases structurales : le foie (1,2-1,5 kg) assure la synthèse, sécrétion et excrétion de la bile via l'hépatocyte, les canalicules, ductules et canaux biliaires jusqu'au canal cholédoque et à l'ampoule de Vater.

La bilirubine

  • Issue de la dégradation de l'hémoglobine des GR sénescents (80 %). La bilirubine non conjuguée (BNC), liposoluble et toxique pour les noyaux gris centraux (ictère nucléaire), est conjuguée dans le REL hépatocytaire par la glucuronyl-transférase en bilirubine conjuguée (BC), hydrosoluble, éliminée dans la bile puis transformée en urobiline (urines) et stercobiline (selles, responsable de leur couleur).
Type d'ictère Mécanisme Exemple
Ictère à BNC Excès de production ou défaut de conjugaison Hémolyse ; maladie de Gilbert ; syndrome de Crigler-Najjar ; ictère physiologique du nouveau-né
Ictère à BC Obstacle à l'excrétion biliaire Calcul du cholédoque, cancer de la tête du pancréas
Ictère mixte Atteinte hépatocytaire et canalaire combinée Hépatites virales, cirrhose

Les sels biliaires (SB)

  • SB primaires (synthétisés par le foie) et secondaires (déshydroxylation bactérienne intestinale) ; cycle entéro-hépatique avec réabsorption iléale active (95 %). Rôles : digestion/absorption des graisses (formation de micelles avec cholestérol et phospholipides), effet cholérétique, inhibition de la réabsorption hydrique colique (hydratation des selles), activation de la lipase.
  • Autres lipides biliaires : phospholipides (lécithines, 20 %), cholestérol (6 %, réabsorbé dans l'intestin proximal). Le diagramme d'Admirand-Small définit les proportions SB/phospholipides/cholestérol au-delà desquelles la bile devient lithogène (calculs).

Excrétion et rôle de la bile

  • Sécrétion hépatocytaire continue mais excrétion discontinue (sphincter d'Oddi, stockage vésiculaire). Remplissage vésiculaire passif en période interdigestive ; vidange active (contraction vésiculaire + relâchement du sphincter d'Oddi) déclenchée par l'arrivée des aliments dans le duodénum, sous commande hormonale (CCK principalement, gastrine) et nerveuse (vague).
  • Rôle digestif : les sels biliaires solubilisent les lipides et permettent leur digestion — l'absence de bile entraîne une malabsorption lipidique, une carence en vitamines liposolubles (A, D, E, K) et une stéatorrhée.

Conclusion

Les 4 grandes sécrétions digestives — salivaire, gastrique, pancréatique et biliaire — assurent conjointement la dégradation chimique des aliments et la préparation à l'absorption intestinale, sous un contrôle neuro-hormonal intégré associant système nerveux autonome et hormones digestives (gastrine, sécrétine, CCK). Leur régulation fine, articulée en phases céphalique, gastrique et intestinale, illustre la coordination remarquable de l'appareil digestif face à l'arrivée du bol alimentaire. Le chapitre suivant aborde la digestion et l'absorption intestinale des nutriments, étape terminale du processus digestif rendue possible par les sécrétions ici décrites.

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