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Anatomie · Tête, cou et neuro-anatomie · Fiche 11

Le système nerveux autonome

Organisation sympathique et parasympathique

Par l'équipe MedFiches · 4 objectifs · 4 questions de QCM · publié le 26 septembre 2026

Fiche relue et validée par un médecin

Ce que tu dois savoir faire après cette fiche

  1. 1.Connaître les deux systèmes antagonistes du SNA et leurs médiateurs.
  2. 2.Décrire l'organisation à trois neurones des voies efférentes sympathiques et parasympathiques.
  3. 3.Connaître les principaux noyaux végétatifs du tronc cérébral et de la moelle sacrée.
  4. 4.Comprendre la notion de plexus et de nerfs splanchniques, et les voies afférentes du SNA.
Sommaire de la fiche

Introduction

Le système nerveux autonome (SNA), ou système nerveux végétatif, assure la régulation du milieu intérieur et le maintien des constantes biologiques (glycémie, tension artérielle, fréquences cardiaque et respiratoire) : c'est l'homéostasie. Il repose sur l'équilibre permanent entre deux systèmes antagonistes, le sympathique et le parasympathique.

Cette double innervation, que reçoit chaque organe, explique la pharmacologie de très nombreuses classes thérapeutiques (bêta-bloquants, anticholinergiques, sympathomimétiques) et la sémiologie de nombreux syndromes dysautonomiques.

Nous étudierons les deux systèmes antagonistes du SNA et leurs fonctions, puis leur organisation générale (centres, voies efférentes et afférentes).

I. Les deux systèmes antagonistes

  • Système sympathique : catabolisant (consomme l'énergie), adrénergique (médiateur final = adrénaline). Ergotrope, producteur d'énergie : toute réaction permettant d'aboutir rapidement à un état d'activité plus élevé (combat ou fuite) — augmentation de la fréquence cardiaque et de la pression artérielle, mydriase, vasodilatation musculaire, mise au repos du tube digestif.
  • Système parasympathique : anabolisant (stocke l'énergie), cholinergique (médiateur final = acétylcholine). Trophotrope, animateur des fonctions métaboliques et de restauration de l'individu — myosis, bronchoconstriction, augmentation de la sécrétion gastrique, ralentissement cardiaque.

L'exercice physique active le système sympathique ; le froid provoque une piloérection et une vasoconstriction périphérique (préservation de la chaleur corporelle) ; la chaleur, une vasodilatation cutanée. L'équilibre permanent entre ces deux systèmes antagonistes — rest or digest (parasympathique) versus fight or flight (sympathique) — permet l'adaptation aux changements posturaux, à l'exercice et aux variations de température.

II. Organisation générale

L'organisation générale du SNA comprend un centre végétatif (hypothalamus), des voies efférentes et des voies afférentes.

A. Les centres végétatifs : l'hypothalamus

Le corps cellulaire du neurone central (N1) se trouve dans les noyaux hypothalamiques, dont les axones forment le faisceau longitudinal dorsal, qui descend vers le tronc cérébral et la moelle, transmettant les ordres hypothalamiques aux différents neurones sympathiques et parasympathiques.

B. Les voies efférentes

Organisation commune à trois neurones : N1 central (hypothalamus), N2 préganglionnaire, N3 postganglionnaire.

1. Le système sympathique

  • N2 : neurone préganglionnaire dans la région intermédio-latérale de la moelle thoracique et des deux premiers segments lombaires (T1-L2) — couches VII et VIII de Rexed. L'axone sort par la racine antérieure du nerf rachidien et rejoint la chaîne sympathique latéro-vertébrale (certains axones la traversent pour se terminer dans les ganglions para-aortiques).
  • N3 : corps cellulaire dans la chaîne sympathique latéro-vertébrale, ou dans un ganglion prévertébral intermédiaire, avant de rejoindre l'organe cible.

2. Le système parasympathique

N2 : neurone préganglionnaire dans les régions crânienne (noyaux végétatifs du tronc cérébral) et sacrée.

  • Noyau d'Edinger-Westphal (III) : réflexes pupillaire (myosis/mydriase) et d'accommodation-convergence.
  • Noyau muco-lacrymo-nasal (VII, annexe) : sécrétion lacrymale et de la muqueuse nasale.
  • Noyau salivaire supérieur (VII bis) : glandes sub-maxillaire et sub-linguale.
  • Noyau salivaire inférieur (IX) : glande parotide.
  • Noyau végétatif du X : commande la quasi-totalité des viscères.
  • Moelle sacrée (S2-S4) : commande les organes génito-urinaires et recto-sigmoïdiens (partie pelvienne).

N3 : ganglion prévisceral ou intra-mural, situé dans le hile de l'organe ou dans sa paroi. Chaque organe reçoit ainsi une double innervation, sympathique et parasympathique.

C. Notion de plexus et de nerfs splanchniques

Les axones de N3 se regroupent pour former un plexus splanchnique, qui donne naissance aux nerfs splanchniques destinés aux différents organes. Ces nerfs comportent des fibres sympathiques et parasympathiques associées, qui se terminent au niveau des organes : par exemple, au niveau de la paroi intestinale, où elles constituent les plexus de Meissner et d'Auerbach.

D. Les voies afférentes

  • Douleur viscérale, transmise par les réflexes viscéro-cutanés et leurs zones de projection.
  • Récepteurs végétatifs : barorécepteurs (pression artérielle), thermorécepteurs (température), récepteurs viscéraux (sensibilité des viscères vers les centres végétatifs).
Caractère Sympathique Parasympathique
Médiateur final Adrénaline Acétylcholine
Métabolisme Catabolisant (ergotrope) Anabolisant (trophotrope)
Origine médullaire de N2 T1-L2 (intermédio-latérale) Tronc cérébral (crânien) + S2-S4 (sacré)
Effet pupillaire Mydriase Myosis

Conclusion

Le système nerveux autonome assure, sous le contrôle hypothalamique, l'équilibre permanent entre deux systèmes antagonistes — sympathique ergotrope et parasympathique trophotrope — dont l'organisation à trois neurones (central, préganglionnaire, postganglionnaire) et les sites d'origine médullaire caractéristiques (T1-L2 pour le sympathique, tronc cérébral et S2-S4 pour le parasympathique) commandent la double innervation de chaque organe.

Cette organisation ferme le cycle de la neuroanatomie fonctionnelle abordée dans ce module : après les voies sensitives et motrices somatiques, le système végétatif complète la description des grandes voies de communication entre le système nerveux central et l'ensemble de l'organisme. Les chapitres suivants, consacrés à l'exocrâne, à l'endocrâne, aux méninges et à la vascularisation encéphalique, referment l'étude de l'anatomie du système nerveux central par son contenant osseux et vasculaire.

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