Ce que tu dois savoir faire après cette fiche
- 1.Distinguer motricité volontaire et motricité automatique (involontaire).
- 2.Décrire le trajet du faisceau géniculé (cortico-nucléaire) et du faisceau cortico-spinal (pyramidal).
- 3.Comprendre les conséquences topographiques d'une lésion sur ces deux faisceaux (paralysie centrale vs périphérique).
- 4.Connaître l'organisation générale du système extrapyramidal et son rôle dans le tonus musculaire.
Sommaire de la fiche
Introduction
Les voies motrices regroupent l'ensemble des structures nerveuses permettant la réalisation d'un geste. Tout acte moteur associe deux composantes indissociables : une composante volontaire (exécution et déplacement) et une composante automatique (précède, programme et accompagne le mouvement, régulant le tonus musculaire de base, d'action et postural).
Cette dualité anatomique — système pyramidal pour la motricité volontaire, système extrapyramidal pour la motricité automatique — structure toute la sémiologie neurologique motrice, du syndrome pyramidal (déficit + spasticité) au syndrome extrapyramidal (akinésie, rigidité, tremblement).
Nous étudierons les voies de la motricité volontaire (faisceaux géniculé et cortico-spinal), puis les voies de la motricité involontaire (système extrapyramidal).
I. Les voies de la motricité volontaire
Voie très rapide, à deux neurones : N1 central (cellules pyramidales des aires 4, 6, 8, couches III et V du cortex) et N2 périphérique (tronc cérébral ou corne antérieure de la moelle). Deux faisceaux, par analogie avec les nerfs crâniens et rachidiens : le faisceau géniculé (extrémité céphalique) et le faisceau cortico-spinal (cou, membres, tronc). Somatotopie précise, proportionnelle à l'importance fonctionnelle de la surface corticale.
A. Le faisceau géniculé (cortico-nucléaire)
Motricité de l'extrémité céphalique, destiné aux noyaux moteurs des nerfs crâniens.
- N1 : corps cellulaire dans le tiers inférieur de la circonvolution frontale ascendante + aires 6 et 8 ; axone dans le genou de la capsule interne.
- N2 : corps cellulaire dans les noyaux moteurs des nerfs crâniens — mésencéphale (III, IV), pons (VI, VII, noyau masticateur du V), bulbe (noyau ambigu IX-X-XI, noyau du XII) ; axone dans le tronc du nerf crânien, terminaison sur les muscles de l'extrémité céphalique via la plaque motrice (acétylcholine).
À chaque étage du tronc cérébral, les fibres destinées au noyau moteur correspondant croisent la ligne médiane pour faire synapse avec N2.
Application — paralysie faciale : une lésion de N1 (fx géniculé, avant croisement) donne une paralysie centrale et controlatérale, touchant électivement le territoire facial inférieur (région péribuccale) ; une lésion du noyau du VII (N2) donne une paralysie périphérique et homolatérale, touchant tous les muscles de la face.
B. Le faisceau cortico-spinal (pyramidal)
Motricité du corps en dehors de l'extrémité céphalique.
- N1 : corps cellulaire dans les deux tiers supérieurs de la frontale ascendante + aires 6 et 8 ; axone dans le bras postérieur de la capsule interne, traverse le tronc cérébral sans changer de côté jusqu'à la partie inférieure du bulbe, où 90 % des fibres croisent la ligne médiane (décussation pyramidale).
- N2 : motoneurone de la corne antérieure de la moelle ; axone dans la racine antérieure du nerf rachidien.
Au bulbe ouvert, le faisceau forme la majeure partie de la pyramide bulbaire. Au bulbe fermé, 90 % des fibres croisent pour former le faisceau cortico-spinal croisé (cordon latéral, musculature distale des membres) ; 10 % restent homolatérales et forment le faisceau cortico-spinal direct (cordon antérieur, projection bilatérale, musculature axiale du tronc et des ceintures).
II. Les voies de la motricité involontaire (extrapyramidales)
Le cortex extrapyramidal regroupe l'ensemble des aires impliquées dans la conception, la programmation et l'accompagnement du geste : aire frontale antérieure (schéma moteur), lobe occipital (espace visuel), lobe pariétal (état des lieux du corps), lobe temporal (signification des choses accompagnant le mouvement).
A. Structures impliquées
- Noyaux gris centraux : noyau caudé + putamen (néostriatum), pallidum, thalamus, noyau subthalamique.
- Noyaux du tronc cérébral : substance réticulée, noyau rouge, substance noire (mésencéphale) ; noyaux vestibulaires, olive protubérantielle (pons) ; olive bulbaire (bulbe).
- Cervelet : archéo- (équilibre), paléo- (tonus musculaire), néo-cérébellum (coordination — son atteinte donne une dysmétrie).
B. Connexions
Le cortex extrapyramidal projette sur les noyaux gris centraux, qui ont une double projection : vers le cortex moteur (aires 4 et 6, boucle cortico-strio-thalamo-corticale) et vers les noyaux du tronc cérébral. En parallèle, le cortex extrapyramidal projette sur le cervelet via les noyaux du pons (fibres transversales, néocérébellum). Le néocérébellum se projette sur le noyau dentelé, puis le noyau rouge (motricité involontaire) et le thalamus, avec retour au cortex moteur pour la coordination du mouvement.
Des noyaux du tronc cérébral naissent des faisceaux à destination de la corne antérieure de la moelle, sur les motoneurones γ (à côté des motoneurones α, destinés à la plaque motrice) :
- Faisceau réticulo-spinal, vestibulo-spinal, rubro-spinal (noyau rouge), tecto-spinal (lame tectale, mouvements de la tête et des yeux), olivo-spinal (olive bulbaire).
Ces faisceaux, terminés sur les motoneurones γ, transmettent des influx qui préparent et accompagnent l'exécution du mouvement ; les axones γ se terminent sur le fuseau neuromusculaire, sensible à la tension musculaire, assurant le contrôle du tonus (de base, d'attitude et d'action).
| Faisceau | Origine (N1) | Destination |
|---|---|---|
| Géniculé (cortico-nucléaire) | 1/3 inf. frontale ascendante + aires 6, 8 | Noyaux moteurs des nerfs crâniens |
| Cortico-spinal croisé | 2/3 sup. frontale ascendante + aires 6, 8 | Corne antérieure, musculature distale des membres |
| Cortico-spinal direct | Idem (10 % des fibres) | Corne antérieure bilatérale, musculature axiale |
Conclusion
La motricité volontaire repose sur deux faisceaux à deux neurones, géniculé et cortico-spinal, dont le point de croisement (à chaque étage du tronc pour le géniculé, au bulbe pour 90 % des fibres cortico-spinales) détermine directement la topographie clinique d'un déficit moteur central. La motricité involontaire, extrapyramidale, s'appuie sur un réseau de boucles entre cortex, noyaux gris centraux, cervelet et noyaux du tronc cérébral, aboutissant aux motoneurones γ pour réguler le tonus musculaire.
Cette organisation duale — pyramidale pour l'exécution, extrapyramidale pour la régulation — complète, en miroir, celle des voies sensitivo-sensorielles étudiées précédemment, et prépare l'étude du système nerveux autonome, qui régule les fonctions végétatives accompagnant tout acte moteur.
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